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Les étameurs de Rarécourt

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Tiré de "Rarécourt autrefois - expo 85": 

Illustration: Le rétameur d'Isabelle Cadilhon-Venat - Musée des Beaux-Arts de Pau - crédit photo RMN

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Rarécourt exploitait également une autre "spécialité", florissante au XIXe et début du XXe siècle, celle des étameurs. Profession depuis longtemps disparue, l'étamage ("rétamage", disait-on quelquefois) consistait à redonner leur éclat aux couverts en fer, à reparer par soudure divers ustensiles tels que "faitouts", arrosoirs, lessiveuses, mesures, écrémeuses... Les couverts en étain étaient refondus, puis remoulus.

A Rarécourt, on pouvait compter pas moins de 32 étameurs, qui partaient chaque année, au début du mois de mars, offrir leurs services à de lointaines populations. La plupart se dirigeaient vers le Nord de la France, les Ardennes et la Belgique.

Après un tour de village pour les derniers adieux, la caravane de 3 à 4m de long comprenant deux lits l'un au dessus de l'autre, tirée par des chevaux - qu'on prenait soin d'animer par des grelots à tous les harnais - partait, emmenant parents, enfants et animaux. Sous la caravane était accrochée une petite caisse servant de poulailler à des poules naines.

Chaque année, la caravane passait dans les mêmes villages et y restait de 3 à 8 jours, selon l'importance de leur population. Les enfants allaient faire "la chine", c'est à dire le porte à porte dans les villages avoisinants et récupérer le matériel à "rétamer". Le travail s'effectuait à l'extérieur. L'étameur, ceint d'un tablier en cuir, s'asseyait devant sa bassine pleine d'étain fondu et posée sur un trépied. L'objet à étamer devait être d'abord trempé dans "l'esprit de sel" (acide), afin de le décaper, puis dans la bassine d'étain fondu. Le travail terminé, les enfants faisaient le tour du village, afin de redistribuer le matériel.

Au début du mois de novembre, tous les étameurs rentraient au village, qui fêtait ce retour tardif par le fête patronale (la date de la fête, inchangée depuis l'époque, a cette origine).

De novembre à février, le village revivaient à travers de nombreuses réunions dans les cafés et les veillées entre familles.

A Rarécourt, où l'on était étameur de père en fils, il n'en subsiste aucun après la Seconde Guerre Mondiale. L'utilisation de métaux nouveaux dans la fabrication d'ustensiles ménagers a en effet porté un coup fatal à cet artisanat local.

Beaucoup d'étameurs étaient trop âgés après la guerre pour poursuivre ce travail de nomades. Les autres se sont reconvertis en allant travailler à la scierie Sertlet notamment - située à Auzéville en Argonne et fermée aujourd'hui -

Etameurs ayant exercé entre les deux guerres:

Messieurs Hennequin, Godenèche Ernest et son fils Hubert, Sellier, Lécossois, Dematin, Tautellier, Douin, Humbert, Baué, Piècevot et Mme Vauthier.

Illustration: Le rétameur - crédit photo: Phocemrtameur_phocem.jpg

 

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