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maison argonnaiseUne maison typique argonnaise (rue Basse)

 

La maison située au n°10 de la rue Basse est dite "à pan de bois" ou "à colombages". Elle est datée au plus tôt du 16e siècle. Elle est un exemple de la maison typique du laboureur argonnais.

Le soubassement est en "gaize", la pierre siliceuse locale. La structure était élevée en poutres de chêne. L'espace entre les poutres était comblé avec de petites pièces de bois taillées en biseau sur lesquelles on appliquait le "torchis", un mélange de terre argileuse, de sable et de paille. Les colombages étaient ensuite recouverts d'un enduit à base chaux. Parfois la façade était habillée d'un bardage de bois avec de fins tasseaux servant de couvre-joint.

Aujourd'hui beaucoup de maisons traditionnelles ont rendu leurs colombages visibles en éliminant l'enduit de surface comme c'est le cas ici.

Le toit était couvert avec des tuiles dites "romaines" ou localement "tiges de botte". Normalement, ce type de tuiles est typique du pourtour méditerranéen. Notre région est une des rares du Nord de la France à l'utiliser dans son habitat traditionnel. Sa fabrication était très répendue jusqu'au début du 20e siècle. De très nombreux villages possédaient une fabrique produisant ce type de tuile. On dit qu'elles étaient façonnées sur les cuisses des femmes pour obtenir cette allure recourbée et semi-conique.

Le village de Rarécourt possédait également sa tuilerie: il n'en reste rien aujourd'hui si ce n'est le nom du lieu-dit "la Neuve Tuilerie" de l'autre côté de la route départementale.

Malheureusement, les toits en "tige de botte" tendent à disparaître au profit de la tuile mécanique indistrielle.

La maison traditionnelle argonnaise se divise en trois parties: la grange, l'étable -ou écurie- et le "logis".

La partie habitable représente en moyenne 20% du volume total de la maison. Elle se situe au rez-de-chaussée et est généralement composée de deux pièces.

L'intérieur argonnais, comme la plupart des intérieurs rustiques s'organisaient auour du foyer. La chambre, s'il y en avait une, était dans une pièce derrière le foyer, profitant de la chaleur restituée par la plauque de cheminée en fonte, dite "taque". A défaut de chambre, nos ancêtres dormaient dans une "alcôve" près de la cheminée, au sein de la pièce principale. Pour se laver et faire la vaisselle, la pièce était munie d'une "pierre à eau", un massif bloc de pierre dans lequel était creusé un bassin peu profond. L'eau qu'on allait chercher à la fontaine, s'évacuait par une petite fenêtre ovale donnant direstement dans la rue.

Le logis traditionnel était séparé de l'écurie et de la grange par un couloir traversant qui partait de la porte d'entrée sur la rue et se terminait au jardin, à l'arrière.

Le reste de la maison était utilisé pour abriter les animaux, comme lieu de travail ou pour stocker le bois et la paille.

D'ailleurs on remarquera que de nombreuses façades possèdent de petites fenêtres sous les toits qui permettaient de ventiler les greniers.

Texte et photographie: Marianne AMORY