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moulin a coquinsLe moulin "à coquins" (rue des Eperchies)

 

Extrait de "L'Ame meusienne" (1904) d'Ernest Beauguitte, enfant du pays:

"Naguère aussi vivait, en ces villages, toute une population venur du pays franc-comtois: les tireurs de coquins, comme on les appelait. La région était riche en phosphates de chaux, en nodules, coquins ou crottes du diable. Découverts il y a un demi-siècle, ces nodules extraits du sous-sol étaient lavés pour être débarrassés de gaîne, puis broyés, triturés dans les moulins, réduits en poudre afin de servir d'engrais. Le sous-sol est presque épuisé aujourd'hui et beaucoup de tireurs de coquins ont dû émigrer, depuis quelques années, vers les gisements de fer de la Haute-Marne."

"Ce fut vers 1840 que l'on vit apparaître, pour la première fois l'idée d'employer comme engrais les phosphates de chaux exploités à Logrosan, dans l'Estramadure [Sud-Ouest de l'Espagne]. En 1847, les engrais de phosphates de chaux étaient d'un emploi usuel dans quelques parties de la France. C'est dans le département des Ardennes que les phosphates du terrain crétacé ont été exploités pour la première fois en France. le mérite de cette initiative revient à MM. Desailly et Demolon qui, dès 1855, extrayaient, chacun de leur côté, cette précieuse matière dans les environs de Grandpré, et entreprenaient, avec divers grands agriculteurs ou fabricants d'engrais, une série d'essais sur son utilisation agricole. l'exploitation franchit, en 1860 ou 1861, les limités du département des Ardennes, et les carrières furent ouvertes à cette date dans la Meuse."

vieille CP moulin

Avant le 19e siècle, tous les villages de la vallée de l'Aire possédaient leur moulin à farine. Pendant la Révolution Industrielle, la population française devient plus nombreuse et les besoins de l'agriculture sont grandissant. Il est nécessaire d'améiorer le sol par divers amendements.

Le traitement des roches phosphatées s'organise; ainsi tous les moulins de la vallée de l'Aire sont équipés progressivement pour le broyage des "coquins".

A Rarécourt, l'extraction des roches nourrit plusieurs familles et la voie ferrée toute proche permet l'envoi des sacs d'engrais dans toute la France.

Le moulin de Rarécourt a aussi servi de centrale électrique au début du 20e siècle et il est le dernier moulin à coquins de la vallée de l'Aire à fermer ses portes en 1947. Ses installations intérieures demeurent intactes. La roue a été restaurée dans les années 1990.

Texte et photographies: Marianne AMORY

Encart publicitaire dans le journal "L'intransigeant" du 2 septembre 1935 - Crédit photo: BNF

lintransigeant 02.09.1935 p6 BNF