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L'Eglise Saint Amant

L'histoire de l'église Saint-Amant de Rarécourt

 eglise rarecourt saint amant statue     L’Eglise paroissiale de Rarécourt est placée sous le patronage de saint Amant (avec un « T » et non un « D »). Cela s’explique par l’histoire particulière du village de Rarécourt et du diocèse de Verdun.

En effet, au Moyen-Age, le village de Rarécourt était une dépendance de l’abbaye Saint-Vanne de Verdun, fondée en 951/952, par l’évêque Bérenger.

Dans la charte de fondation de cette illustre abbaye verdunoise, parmi différents biens donnés pour la doter, figurent 10 manses (exploitations agricoles comprenant une habitation rurale avec jardins, champs et vergers) relevant de l’abbaye Saint-Amant de Rodez.

Cette abbaye était une possession des évêques de Verdun depuis que Thierry, le roi d'Austrasie, leur en avait fait don. Ce dernier régnait sur un territoire allant du Nord-Est de la France au centre de l'Allemagne et possédait également le Rouergue, région correspondant environ à l'actuel département de l'Aveyron.

C’est pour cette raison que les moines de Saint-Vanne donnèrent le nom de Saint Amant à la paroisse qu’ils fondèrent près de leur abbaye à Verdun et à d’autres églises paroissiales dont ils avaient la charge dans le diocèse de Verdun. Mais ils perdirent cette possession au 11e siècle, car à la suite d’une période de mauvaises récoltes et donc de famine dans les années 1030-1033, l'abbaye Saint-Vanne dut engager son domaine de Saint-Amant au comte de Rodez qui bien entendu ne le rendit jamais. L’abbaye Saint-Amant de Rodez périclita assez rapidement et finit comme simple prieuré dépendant de l’abbaye Saint-Victor de Marseille.

 

Qui était saint Amant de Rodez ?

Saint Amant ou Saint Amans -Amantius en latin- est né à Rodez (Aveyron) où il fut élevé dans la foi chrétienne. Il entra dans les ordres puis fut nommé évêque de Lodève, dans les environs de Narbonne, vers la fin du 4e siècle.

Attaché à sa région d'origine et soucieux d'y répandre la chrétienté, il laissa sa place d'évêque pour partir évangéliser dans sa patrie. Il fut alors nommé évêque de Rodez vers 401; il passe d'ailleurs pour être le premier à détenir ce titre.

La région avait été déjà évangélisée par Saint Martial au 3e siècle mais la population était encore attachée au paganisme et plutôt hostile à la nouvelle foi. Aussi l'église de Rodez avait été abandonnée et fermée avec des pierres et des buissons.

A son arrivée, il installa dans sa ville natale un petit oratoire avec l'aide de son compagnon Saint Naamas pour que quelques fidèles puissent venir y prier et il convertit quelques personnes.

Cependant la majorité des habitants se livrait au culte d'une déesse nommée Ruth et notre Saint comprit vite qu'il faudrait des miracles pour convertir les masses.

Un personnage important de la ville mit alors au défi le Saint de dévier le cours d'une rivière. Celui-ci invoqua l'Esprit-Saint et dévia le cours d'eau. Il en résulta plusieurs conversions.

Une autre fois, le Saint demanda la grâce pour un condamné mais le prévôt de la ville s'obstinant dans son refus fut terrassé par une soudaine et violente maladie. Saint Amant le guérit et obtint que le condamné soit gracié.

Un jour que les Rutènes (nom de la tribu gauloise demeurant à Rodez et dans ses environs) célébraient la fête de leur idole avec force sacrifices et débauches, le Saint vint les convaincre d'abjurer leur foi mais il fut chassé de la manifestation. Rentré dans son oratoire, il pria et des nuages s'amoncelèrent au-dessus de la fête.

La foudre s'abattit alors sur l'idole la brisant en trois morceaux. Tous les païens à l'exception des enfants furent frappés de cécité ou de surdité et venant implorer le pardon auprès du Saint, ils se convertirent et reçurent le baptême.

Un des chefs gaulois nommé Honorat demeurant à l'extérieur de la ville fut informé de la destruction de l'idole et chercha à s'en prendre à Saint Amant. Mais par miracle, les chevaux du char du dignitaire s'immobilisèrent tels des statues à l'entrée de la ville. Le chef fit alors appeler l'évêque pour qu'il délivra les animaux et, devant ce prodige, se convertit à la foi chrétienne. La femme du chef et toute sa famille embrassèrent le christianisme à sa suite.

Le Saint accomplit d'autres miracles qu'il serait trop long d'énumérer ici.

Vers la fin de sa vie, il se déchargea d'une partie de ses responsabilités sur son compagnon Saint Naamas.

Il mourut vers 440 ou 487 selon d'autres sources.

Saint Amant est invoqué pour conjurer les tempêtes, la grêle et la foudre.

Il est fêté le 4 novembre.

La fête de la Saint Amant est toujours célébrée dans notre village le premier dimanche de novembre et donne lieu à une messe spéciale ainsi qu'à une fête patronale.

Amantius, (qui en français a donné : Amans, Amant, Amance, Chamant, Chamas) ne doit pas être confondu avec Amandus (Amand), ce qui est malheureusmeent trop souvent le cas. 

 

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Cliché: Marianne AMORY

Texte et documentation: Jean-Pol EVRARD et Marianne AMORY


En France, 6 villes portent le nom de saint Amant :

17 villes portent le nom de saint Amand :

2 villes s’appellent saint Chamant

A noter que :

- Saint-Amand sur Ornain, devrait être Saint-Amant (en fonction de la typographie médiévale) ;

- il y a une fontaine Saint-Amand à Louppy-le-petit (mais diocèse de Toul au Moyen-âge) ;

- une ancienne chapelle Saint-Amand à Neuville-les-Vaucouleurs (diocèse de Toul) ;

- une ferme Saint-Amand sur la commune de Salmagne (diocèse de Toul ; il y avait autrefois une église).


 

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Pour info :

il y a plusieurs Amantius (Amance) :

  • Evêque de Rodez, Vème siècle
  • évêque de Saint-Paul-Trois-Fontaines, Vème siècle
  • prêtre au diocèse de Chartres, VIème siècle (Emanus, Eman)
  • martyr à Clermont

ainsi que plusieurs Amandus :

  • évêque de Strasbourg, † après 540
  • évêque de Bordeaux, † v. 452
  • confesseur en Périgord, VIème siècle (Chamans, Chimas)
  • moine à l’île d’Yeu puis évêque de Maëstricht, † v. 679

   

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